Quelle santé financière pour l’hôtellerie aux Antilles ? C’était la question posée il y a maintenant neuf mois à l’inspecteur général des finances Alain Bodon, qui s’était vu confier une mission par les ministres du Budget François Baroin, de l’Outre-Mer Marie-Luce Penchard et le Secrétaire d’Etat au Tourisme Frédéric Lefebvre.
Après plusieurs voyages en Martinique et en Guadeloupe, plus de cents établissements visités, de nombreux entretiens et réunions, Alain Bodon a finalement rendu son rapport mardi soir au Ministère de l’Outre-Mer. Un rapport qui fait le bilan d’une "situation contrastée", "globalement difficile mais avec des hôtels extrêmement dynamiques, des situations très inégales". Mais un rapport qui fait surtout plusieurs propositions.
Travail sur un management inégal, élaboration d’un outil statistique, développement des liens avec les compagnies aériennes, maintien d’une dynamique d’action touristique commune, étude complète sur la défiscalisation, maintien des taux actuels pour les aides à l’investissement à finalité régionale, examen des demandes sur la question des charges sociales et fiscales. .. Pour Alain Bodon, l’hôtellerie doit aussi dépasser le balnéaire. "Le touriste recherche de l’authenticité, la biodiversité, le patrimoine, le sport, la culture, la gastronomie, explique-t-il, tout ce que les Antilles françaises peuvent proposer, en plus de la sécurité sanitaire, la langue. .. Les hôtels peuvent très bien se positionner en matière de commercialisation et il suffit qu’il y ait quelques points de plus de fréquentation pour changer complètement la situation financière de beaucoup d’hôtels".
Comme il avait déjà été annoncé, les structures ne verront pas un effacement indifférencié de leur dette. Mais selon les chiffres du rapport, "des solutions financières, totales ou partielles, ont été trouvées pour 50 hôtels en Martinique et 25 en Guadeloupe", en s’appuyant sur les dispositifs existants.
Suite à la remise du rapport, le Ministère de l’Outre-Mer a annoncé que la mission de médiation était prolongée, de manière à ce que "les établissements hôteliers guadeloupéens et martiniquais puissent continuer à bénéficier d’un interlocuteur unique, mobilisé sur leurs problématique".
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