Douze graffeurs ont réalisé une oeuvre collective pour commémorer l’esclavage. Memorixx, des toiles visibles dans les jardins du Luxembourg avant une vente aux enchères au profit d’Haïti.
Memorixx, c’est avant tout un collectif. Douze graffeurs : Shuck One, Alp, Banga, Darc, Darco, Dey, Ema, Jay, Perle 8, Thia, Spirit, YZ. C’est dans les jardins du Luxembourg, au coeur de la capitale, que les artistes ont pris leurs quartiers, à l’occasion de la cinquième journée de commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions.
C’est ainsi sous les yeux du public qu’ils ont réalisé une oeuvre collective. Dignité, couleurs, enfermement, obscurité. ..sur les différents panneaux, des couleurs vives ou plus sombres. Des visages, des chaînes brisées.
Des messages aussi, des mots.
Chaque artiste a puisé dans sa propre culture, sa technique, son expérience après des voyages autour du monde pour créer sa fresque. A chacun son oeuvre, avec un message commun comme l’explique Shuck One : « Montrer que depuis l’abolition, les maux de l’esclavage et de tous ses dérivés négatifs sont encore présents ». Un esclavage toujours présent, sous d’autres formes, c’est ce qu’a voulu faire passer Alp, avec cette phrase inscrite sur sa toile ’From Chaîne to Chaîne, tant que les hommes exploiteront les hommes, l’esclavage ne sera pas aboli’.
« Les gens doivent réfléchir, discuter, s’interroger », explique le graffeur. Mais les oeuvres du collectif vont également plus loin. Elles parlent de l’Afrique, d’Haïti aussi. Le pays au profit duquel seront d’ailleurs vendues les toiles.
Ce sera lors d’une vente aux enchères, qui se tiendra après que Memorixx ait été exposé dans plusieurs lieux.
(photos : AD - reproduction interdite)
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