La deuxième édition du Drépaction a été lancée ce week-end à Paris. Une semaine pour sensibiliser le public et récolter des dons pour lutter contre cette maladie du sang qui touche des milliers d’antillais, et des millions de personnes à travers
« Tous ensemble contre la drépanocytose ! » Le message aura été scandé plusieurs fois dimanche soir au Zénith de Paris, pour la grande soirée de lancement du Drépaction 2010. Pendant plusieurs heures, la scène a vu se succéder des artistes tels que Princess Lover, marraine de cette édition, N’Jie, Dédé St Prix, Tony Chasseur, Lynnsha et Nathy Boss, Milca (tellement étaient présents que tous n’ont pas pu passer), des danseurs et des champions de double dutch. Mais le moment n’était pas seulement à la fête.
Un des objectifs de cette soirée était également de sensibiliser le public à la cause.
Si les spectateurs, en grande majorité d’origine antillaise n’ignorait pas l’existence de la maladie, les messages délivrés sur scène par les malades et leurs proches ont ému l’assistance. Comme celui de Jenny Hippocrate, présidente du collectif « Ensemble contre la Drépapanocytose » qui organise cette semaine de mobilisation : "La drépanocytose entre dans le corps de nos enfants, tue les nôtres. J’ai passé autant de journées noires que de nuits blanches à l’hôpital.
On n’en dort plus à la maison, une épée de Damoclès est placée sur ma tête et peut tomber à n’importe quel moment. La drépanocytose est une squatteuse dans le sang de mon fils !". Son fils justement, Taylor, auteur d’un livre sur le sujet, a également pris la parole pour délivrer un message fort : "Il y a des milliers d’enfants qui meurent tous les ans à cause de cette saloperie de maladie ! Alors aidez-nous, aidez-moi à la vaincre ! Parce que j’en ai assez de voir les autres souffrir, les miens souffrir".
Et pour aider les malades, l’argent est bien sûr le nerf de la guerre.
L’an dernier, 66 000 euros avaient été récoltés mais beaucoup de promesses de dons n’avaient pas été honorées. Il semblerait que la mobilisation ait démarré plus fort pour l’édition 2010. Ainsi, sur la seule soirée du Zénith, les dons des entreprises et institutionnels, montrés sous la forme de grands chèques sur scène, se sont élevés à 60 000 euros. Notamment 30 000 euros du Ministère de l’Outre-Mer, 15 000 euros de l’UGPBAN, et 5000 euros de la Délégation Interministérielle à l’Egalité des chances des français d’Outre-Mer.
Patrick Karam est d’ailleurs monté sur scène pour rappeler les mesures promises l’an dernier par le gouvernement et s’est également engagé à ce que l’Etat prenne vraiment en compte le dossier de la drépanocytose.
Car c’est cela qu’il manque au collectif et aux dizaines d’associations qu’il regroupe. Selon Jenny Hippocrate, un engagement plus fort des "décideurs" plusieurs millions d’euros par an. Bien loin donc des 60 000 euros déjà récoltés. Mais cette somme devrait encore augmenter toute la semaine puisque l’opération se termine le 19 juin, date de la Journée Mondiale de la Drépanocytose.
Pour faire un don : www. drepaction.
org
(photos : AD -reproductions interdites- )
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